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Je vous assure que la question est légitime. Il ne s’agit pas là d’une envolée irréaliste après une folle soirée pour le Paris Saint-Germain et le foot français. Après cet exploit chez le géant Liverpool (le plus grand de son histoire européenne ?), ce Paris-là a de sérieux arguments pour enfin toucher au Graal et gagner la Ligue des Champions cette saison. Le principal étant que cette équipe en soit devenue une, justement. Et c’est quand même bien mieux en matière de football.
De tous pour un à un pour tous !
Mais restons un peu dans l’émotion, pardi ! Quelle intensité, quelle furie à Anfield, ce temple du foot. On savait que les Reds ne feraient pas deux mauvais matches de suite, bien qu’ils aient gagné le premier, la semaine dernière. On mésestimait la tornade à laquelle les parisiens ont du faire face. Un premier quart d’heure irrespirable où un miracle nommé Nuno Mendes empêcha Salah de marquer. Comme un symbole ! Quelques instants plus tard, sur une rare bouffée d’oxygène, le métamorphosé Dembélé marquait dans le but vide après une erreur défensive adverse.
Paris sortait la tête de l’eau et aurait même mérité de faire le break avant la pause. La deuxième-mi temps ?… Des répliques sismiques au début de la deuxième mi-temps. Arc-bouté, le PSG pliait sans jamais rompre. Pacho, Nuno Mendes ou les deux lutins du milieu, Vitinha et Joâo Neves, écopaient merveilleusement pour maintenir le navire à flot. Toujours 1-0, comme à l’aller. Vint alors la prolongation où Paris retrouva de belles couleurs mais manquait de porter le coup fatal. Une amère odeur de regrets pointait inexorablement le bout de son nez. C’était sans compter sur Gigio Donnarumma. Le gardien italien, coupable il y a 8 jours et accusé de tous les maux, enfila sa cape de super-héros pour survoler la fatidique séance des tirs aux buts.
Luis Enrique comme on l’a rarement vu
Rarement, pour ne pas dire jamais, j’ai vu Luis Enrique comme ça. Habité pendant tout le match, l’entraîneur parisien a harangué ses troupes dès qu’il le pouvait. Allant corriger un placement, modifier une intention ou donner de l’énergie à chaque soldat. Il a fini ivre de joie sur la pelouse avec ses ouailles. Et, je dois le dire, je suis heureux pour lui. Pour l’avoir interrogé la saison dernière après les matches sur Prime Video, j’ai toujours aimé nos échanges, même s’il m’a rabroué plus d’une fois.
C’est un homme entier, marqué au fer rouge par le décès de sa fille, et à l’amour du foot indéfectible. Un puriste, un dogmatique, qui ne pense pas les journalistes en mesure de le comprendre. Qu’importe. Immense bravo à lui. Car c’est assurément sa victoire. Il y a un an, à l’annonce du départ de Mbappé, il affirmait que son équipe serait plus forte sans le Français. On lui a ri au nez, lui reprochant encore une communication provocante. Mea culpa.

Son PSG est même bien plus intéressant aujourd’hui que la saison dernière. Pourquoi ? Car il joue en équipe. Il n’y a plus de star intouchable avec laquelle les autres doivent composer. Aujourd’hui chacun joue la même partition sous la houlette de Luis Enrique. Mbappé est évidemment un joueur extraordinaire mais l’entraîneur espagnol préfère les orchestres sans soliste. Il obtient alors sa mélodie préférée. Au passage, je vous recommande vivement ce documentaire qui lui est consacré et au titre savamment choisi : « Vous ne pouvez pas comprendre ». Assez fascinant.
Une saison 2025 du PSG légendaire ?
Voici donc le Paris Saint-Germain en 1/4 de finale de la Ligue des Champions, ce qui lui est arrivé bien plus d’une fois et qui ne préjuge en rien de la suite. Le passé récent en atteste. Mais le sentiment d’un déclic est pugnace cette fois. Cette qualification ne ressemble pas aux autres. Il y a quelque chose de plus humble, d’harmonieux, comme si les planètes étaient en train de s’aligner. Ce PSG version qatari a-t-il enfin basculé dans le côté lumineux de la force ? Celle d’avoir enfin une âme.
La nouvelle politique du club sans bling-bling, sans superstar et avec un entraîneur aux mains libres va-t-elle payer dès cette année ? Ce serait incroyablement romantique ! Mais les embûches sont encore nombreuses. Aston Villa devrait se dresser sur la route des parisiens au prochain tour avant un club de Madrid ou Arsenal en demi-finale. Et il faudrait être amnésique pour avoir oublié la cruauté de l’an passé. Des poteaux en pagaille et une invraisemblable déveine avait privé Paris d’une finale européenne.
Il n’empêche. À l’heure où j’écris ces mots, le Paris Saint-Germain est en mesure, cette saison, de remporter le championnat sans perdre le moindre match et… de gagner la Ligue des Champions !