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En s’affichant sur Sud Radio, déterminé à appliquer aux « créateurs de contenus qui ont la plus grande influence (…) les mêmes règles de prudence (et) de modération » que celles auxquelles les médias audiovisuels seront soumis, le président de l’Arcom Martin Ajdari a marqué sa volonté d’en finir avec l’angle mort qui a caractérisé jusque là le numérique, en matière de traitement des élections et, plus largement, du débat politique.
Alors qu’une majorité d’internautes indique utiliser les réseaux sociaux et les plateformes vidéo pour s’informer (54% au niveau mondial, d’après le Digital News Report 2026 du Reuters Institute), que près d’un tiers (30%) les désignent comme leur source principale, on comprend que les environnements numériques sont maintenant essentiels dans la préparation des élections. Pour le meilleur et pour le pire, avec les campagnes de désinformations qu’ont déjà subies Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal.
30 candidats, 158 comptes et plus de 42 millions d’abonnés : Philippe Bailly fait le point pour Sans Doute sur cette campagne qui a déjà démarré hors des médias traditionnels.
Si la comparaison de leurs bases d’abonnés ne préjuge pas de la hiérarchie potentielle des candidats dans les urnes, leurs communautés sur les différents réseaux donne une idée de la puissance des relais sur lesquels ils peuvent compter aujourd’hui. Comme son évolution sera une indication de leur dynamique de campagne.
A partir d’une liste de 30 candidats potentiels[1], correspondant au recensement publié par le Monde, et de l’étude de sept réseaux (Facebook, Instagram, Linkedin, TikTok, Twitch, X et YouTube) NPA a recensé 158 comptes, un peu plus de 5 par personnalité en moyenne, qui totalisent plus de 42 millions d’abonnés.

100% des candidats sur X et Instagram ; moins d’un sur quatre sur Twitch
Tous ces candidats putatifs sont présents sur X et Instagram, presque tous sur Facebook (93%) et YouTube (80%), et environ deux sur trois sur Linkedin (67%) ou TikTok (63%). En revanche, la proportion tombe à moins d’un quart (23%, soit sept comptes) s’agissant de Twitch. Jean-Luc Mélenchon est le seul à y disposer d’une communauté significative : près de 123 700 abonnés, soit… 100 000 de plus que le deuxième mieux représenté Anasse Kazib (Révolution permanente).
Tous réseaux confondus, le patron de La France Insoumise totalise aussi près du quart de l’ensemble des abonnés (23%), et devance Marine le Pen (18% du total) de plus de deux millions. Confirmation d’une hiérarchie bien comprise, cette dernière compte à son tour 1,7 millions d’abonnés de plus que son potentiel Premier ministre Jordan Bardella (5,87 millions).

Parmi les candidats qui comptent plus d’un million d’abonnés, l’extrême-droite est aussi représentée par Eric Zemmour, Florian Philippot et Nicolas Dupont-Aignan. Et, si l’on ajoute les 858 000 abonnés de François Asselineau, elle en totalise 14,4 millions, contre 12,6 millions pour les 5 représentants de l’extrême-gauche (Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Anasse Kazib, Nathalie Arthaud et Selma Labib).
Pas d’écart significatif entre Gabriel Attal et Edouard Philippe
S’agissant la droite et du centre droit, d’une part, de la gauche, de l’autre, pour lesquels il n’existe pas à ce jour un(e) candidat(e) incontesté(e), le rapport des forces sur les réseaux sociaux tend à confirmer Gabriel Attal et Edouard Philippe comme les postulants « naturels » du bloc central… mais ne permet pas de les départager clairement :

François Hollande, seul à pouvoir contester le leadership de Raphaël Glucksmann à gauche
Concernant la gauche et les écologistes, Et sur la base des réseaux sociaux toujours, François Hollande apparait comme le seul à pouvoir contester le leadership de Raphaël Glucksmann.

| YouTube : Jean-Luc Mélenchon… et l’extrême droite S’agissant des 24 candidats potentiels qui disposent d’une chaîne YouTube (hors Karim Bouamrane, Olivier Faure, François Hollande, Selma Labib, Lydie Massard et Marine Tondelier), les niveaux d’activité, et d’audience, sont très inégaux.Un sur trois (8 ; Xavier Bertrand, Philippe Brun, Gérald Darmanin, Raphaël Glucksmann, Anasse Kazib, Fabien Roussel, Ségolène Royal et Boris Vallaud) n’ont pas publié en 2026. Parmi les 16 autres, la fourchette s’étend d’une vidéo pour Bernard Cazeneuve (son Intervention aux Entretiens de Terra Nova sur la politique énergétique ; 114 vues) à… 254 pour Florian Philippot (1,2 vidéo par jour).Le fondateur des Patriotes détient aussi la 2e meilleure performance – derrière Jean-Luc Mélenchon – en nombre moyen de vues par vidéo publiée (120 000 vs 220 000) comme de nombre total de vues en 2026 (30,4 millions vs 34,0 millions).Plus globalement, neuf candidats seulement, donc 5 d’extrême droite, ont cumulé plus d’un million de vues depuis le début 2026.Dominique de Villepin et David Lisnard y sont les seuls représentants du bloc central ; la gauche en est absente. |
[1] Nathalie Arthaud, François Asselineau, Gabriel Attal, Delphine Batho, Xavier Bertrand, Karim Bouamrane, Philippe Brun, Bernard Cazeneuve, Gérald Darmanin, NicolasDupont-Aignan, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, François Hollande, Anasse Kazib, Selma Labib, Marine le Pen, David Lisnard, Lydie Massard, Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, Florian Philippot, Bruno Retailleau, Fabien Roussel, Ségolène Royal, François Ruffin, Marine Tondelier, Boris Vallaud, Dominique de Villepin, Eric Zemmour

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