Discutant à bâtons rompus de l’actualité internationale, un de mes amis me demandait dernièrement à quel moment nous savions que nous sombrions dans le fascisme. Le recul de l’Histoire nous donne des dates qui fixent un moment précis. Qu’en est-il de notre actualité et des évènements qui se déploient sous nos yeux ? Est-on capable d’y déceler la maladie qui nous gangrène ?
L’arrestation, en novembre 2024, par les autorités algériennes de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, rappelle cette affligeante vérité : les écrivains sont la cible facile des régimes politiques et des tenants de l’ordre établi qu’ils ont l’audace de critiquer. Poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale » Boualem Sensal vient ainsi de monter dans la charrette de tous ces philosophes, écrivains, penseurs, inquiétés, poursuivis et, sans surprise, condamnés en raison de leurs écrits.
Parmi toutes les commémorations, celle de l’armistice du 11 novembre 1918, incarne plus que toute autre l’Histoire. La faute peut être à cette saison d’automne qui respire la nostalgie. La faute peut être à ces 1,4 millions de morts tombés pour la France et ces 21 millions de mutilés. La faute à cette terrifiante moyenne de 900 jeunes soldats français mourants chaque jour sur les champs de bataille.
L’affaire des viols de Mazan est unique en son genre en ce qu’elle interpelle toutes les consciences. Mardi, dernier, notre contributrice québécoise exprimait sa colère froide, face aux protestations “mesurées” ; des féministes notamment. Tout aussi important pour notre démocratie est le regard que porte, dans cette contribution, l’avocat Karim Beylouni. Un regard empreint d’humanité et de l’indispensable mesure, comme le préconisaient les philosophes de l’Antiquité.