Effet inattendu de la censure du gouvernement Barnier, le gel du projet de loi de finances 2025 a induit l’annulation des hausses de taxes prévues, dont celle sur les billets d’avion, mieux connue sous le vocable de taxe Chirac. Ceci peut sembler de prime abord une bonne nouvelle, mais ce n’est probablement que partie remise. Surtout, qui veut la peau du voyage en avion ?
Pris dans la tourmente politico-financière dans laquelle le pays tente de s’extraire, passées les émouvantes cérémonies de la résurrection de Notre-Dame, les Français sont déjà passés à autre chose. Comme si, ce qui fut un exploit unique jusqu’alors, n’était qu’une péripétie de plus. Il faut la conscience de la sociologue Dominique Schnapper pour revenir sur quelques vérités trop vite oubliées.
« Un Himalaya de difficultés », c’est ainsi que François Bayrou résume la tâche qui l’attend maintenant. À force de coups de boutoir tout au long de sa carrière, la porte de Matignon a fini par lui céder. Il y entre en même temps qu’une foule de problèmes dont chaque camp a sa part de responsabilité. Il fallait donc un journaliste direct dans ses propos et sans concession sur le fond, Patrick Boyer, pour évoquer la pétaudière dont le Premier ministre hérite.
Les échos de la grogne résurgente – et sans doute légitime – des agriculteurs, réveillée au tout début de novembre, ont été étouffés par la pagaille de la discussion budgétaire qui a atteint son paroxysme avec la dissolution du gouvernement, le quatre décembre dernier. L’inquiétante incertitude gouvernementale, les protestations concurrentes des cheminots, des maires et des collectivités territoriales comme les caprices d’une météo tout aussi imprévisible qui tapit les bruits sous une légère couche de neige bien inattendue.
Au moment où les députés renversaient Michel Barnier, le conseil d’administration de Stellantis révoquait Carlos Tavarès. Celui-ci était trop puissant, celui-là trop impuissant. Mais dans les deux cas, des révocations ad nutum bien différentes ont été justifiées par la nécessité des checks and balances, l’équilibre entre les pouvoirs au cœur de tous les processus de gouvernance. Que nous dit le cas de Stellantis pour la gouvernance des entreprises, et plus généralement pour l’organisation des pouvoirs ?
En 2014, la Mairie de Paris lançait une vaste opération de cession et d’aménagement du foncier public : « Réinventer Paris ». Le nom faisait rêver autant que la méthode et l’encadrement juridique : davantage que des concours d’architecture ou des consultations de promoteurs, organiser des « Appels à Projets Urbains Innovants », dits APUI, incitant promoteurs, investisseurs, architectes, opérateurs urbains, concepteurs de projets, startups et collectifs citoyens à tous coopérer. « Une révolution urbaine » et une « occasion de dépasser certaines barrières » promettait Anne Hidalgo. « L’innovation urbaine portée par les acteurs privés et la société civile ; et l’innovation méthodologique portée par la Ville », lirait-on dans les médias spécialisés. 23 sites avaient été sélectionnés.
« Enfin !… De plus en plus de sportifs professionnels osent dire quand ça ne va pas. Voilà un autre sujet dont les barrières tombent peu à peu. », se félicite le journaliste, spécialiste du Sport, Thibault Le Rol, dénonçant les barrières de la « performance à tout prix ». Ainsi que l’indifférence qui laisse le sportif, tant admiré, livré à lui-même. Comme l’étaient les gladiateurs au milieu de l’arène, face aux nouveaux lions que sont les supporters de plus en plus exigeants et l’argent, le véritable maître du jeu.
Le secteur audiovisuel français traverse une période de transformations majeures. Challengées par les plateformes internationales de streaming (Netflix, Prime Video, Disney +, …), la crainte de pertes de revenus publicitaires ou de subventions publiques en berne, toutes les entreprises redoutent l’abandon de dispositifs législatifs ou réglementaires spécifiques. Ceux-ci permettent des investissements importants notamment dans les embauches de personnel et un soutien indispensable à la création française. Toute la filière de l’audiovisuel se mobilise pour défendre son modèle. Un modèle unique au monde qui permet de présenter des créations françaises qui suscitent l’engouement du public au niveau national mais aussi de plus en plus à l’étranger.
A quoi reconnaît-on un train français? La démocratie ne serait-elle qu’une question d’audition ? A quoi servent les manifs? De passage à Besançon, l’écrivaine suisse Noëlle Revaz nous raconte son séjour et nous livre quelques réflexions humoristiques. La semaine dernière j’ai eu l’envie d’un dépaysement et j’ai profité du week-end pour faire un saut à…
Selon les chiffres officiels du Comité Olympique International, cinq milliards de personnes ont suivi -peu ou prou- les épreuves de Paris 2024. Combien seront-ils aujourd’hui et dans les semaines qui suivront, à regarder Notre-Dame de Paris nous revenir, plus resplendissante que jamais ? Avec, toutefois, une absence qui sera dans toutes les conversations : celle du Pape François. Écrivain et haut-fonctionnaire, Camille Pascal nous donne les clés de ce refus papal qui vient de loin… très loin.
Contrairement à la première fois, en 2017, Donald Trump va arriver à la Maison Blanche avec une équipe à sa main. Et un boulevard devant lui. Surpris par sa victoire à l’élection présidentielle de 2016, Donald Trump avait dû composer son administration en s’appuyant sur un parti républicain encore modéré. Le 20 janvier prochain, il arrivera à la Maison Blanche avec un gouvernement, un Congrès et une Cour Suprême totalement acquis à sa cause. Gilles Sengès qui a suivi la politique américaine ces dix dernières années pour le compte de L’Opinion revient sur cette mutation.
“La perte de valeur du contenu, qui pourrait s’accélérer avec l’essor de l’intelligence artificielle générative, est une véritable menace pour la démocratie. Il est urgent de réagir”. Essayiste, spécialiste du monde de la Finance, vivant à Hong Kong, David Baverez nous prévient : le temps nous est compté avant de faire de nous des sortes de “zombies” décérébrés, à la merci de touts les autocrates.
Sans doute, peu de gens se souviennent d’un film intitulé “An-dessous du volcan”, réalisé par le génial John Huston. L’histoire d’un couple qui se brise alors que le bonheur n’était pas si loin. Et la violence de bandits mexicains explose comme le font les volcans, figeant les corps de ce couple égaré. L’Europe est-elle en-dessous d’un volcan, ignorant les bandits d’un autre genre, qui attendent leur heure ? À lire, dans cette tribune, l’analyse de Robert Dujarric, économiste et spécialiste de l’Asie, on ne peut s’empêcher d’y penser et… de craindre la suite.
Amadou Hampâté Bâ disait « En Afrique, l’Islam n’a pas plus de couleur que l’eau d’une rivière, c’est ce qui explique son succès : il se colore aux teintes des terroirs et des pierres sur lesquels il coule »[1] Mais, depuis plus de 40 ans, cet islam « africain »[2] ancestral – traditionnellement moins rigoriste que d’autres, plus pacifique et ouvert aux autres spiritualités, « vert clair » en quelque sorte – plie sous les coups de ses ennemis ; il menace aujourd’hui de disparaitre.
“À l’heure même où les changements géopolitiques et stratégiques n’ont jamais été aussi importants, les dysfonctionnements de notre système politique font courir le risque d’accoucher d’un budget qui va continuer à faire chuter économiquement le pays, lui enlever toute marge de manœuvre financière et lui faire courir des risques stratégiques graves.” L’article de Xavier Fontanet qui commence ainsi ne fera pas plaisir à tout le monde. Mais, tout comme la guerre en Ukraine impacte notre sécurité, une “guerre du Budget” serait la pire des choses pour notre crédibilité et, à terme, nos Avenir.
“Vendredi 8 novembre, 8h41, gare d’Austerlitz, voie 7. Quelques trois cent cinquante à quatre cents écrivains embarquent avec leurs éditeurs, leurs attachés de presse et quelques journalistes dans le train mythique – le fameux « train du cholestérol – de la Foire du livre de Brive la Gaillarde qui chaque année commence ici, place Vallubert”.
Pour Jean Brousse, notre poète corrézien, c’est ainsi que commence, chaque année, le “Salon du Livre” de Brive-la-Gaillarde. Moment magique où l’intelligence et la bonne humeur se tombent dans les bras. Un salon qui, d’année en année grandi et a dépassé, cette année, le million d’euros de chiffre d’affaires.
C’est un vrai mystère. Simple quidam, accoudé au soir tombant, à la passerelle d’un paquebot, dans des croisières pas toujours respectueuses de leur environnement, ou seul sur son voilier, affrontant les océans et les vagues jalouses de leur territoire d’eau, la mer fascine. Elle a comme une part d’infinie. Tout comme l’espace, elle donne une forme de vertige. C’est ce que doit ressentir Éric Bellion qui, avec ses adversaires – et compagnons du Vendée Globe, est maintenant de l’autre côté des hémisphères.
Dès ses origines, la pensée économique s’est retrouvée aux confluents de nombreuses « obédiences ». Néanmoins, les débats et les clivages ne doivent pas masquer le triomphe de la vulgate d’une théorie économique générale influencée par quelques brillants esprits – sachant communiquer avec talent – et ayant inspiré nombre de dirigeants politiques dans bien des pays riches. Avec, parfois, des décisions à contre-courant du bon sens. Mais une nouvelle génération d’économistes apparaît qui cherche à voir plus loin que les chiffres. Comme David Cayla, professeur à l’université d’Anger et actuellement en séjour de recherche à l’université du Missouri à Kansas City. Pour lui, il faut appréhender l’Économie dans sa plus large acception. Entretien…
Parmi toutes les commémorations, celle de l’armistice du 11 novembre 1918, incarne plus que toute autre l’Histoire. La faute peut être à cette saison d’automne qui respire la nostalgie. La faute peut être à ces 1,4 millions de morts tombés pour la France et ces 21 millions de mutilés. La faute à cette terrifiante moyenne de 900 jeunes soldats français mourants chaque jour sur les champs de bataille.
Une étape ultime dans l’évolution de la publicité, et un enjeu qui se chiffre en milliards de dollars. Le 8 octobre, Carrefour et TF1 ont annoncé une alliance qui permettra au distributeur d’aller chercher ses clients jusque dans les écrans de la plateforme TF1+, d’accompagner les spots qu’il y diffusera d’engagements de réductions tarifaires, et finalement de passer commande sans même quitter le film ou la série au sein desquels ces produits se seront invités.
Si le malthusianisme a idéologiquement rencontré son public à la fin du XVIII° siècle, le capitalisme repose en revanche sur l’idée d’une abondance éternelle où le gâteau ne fait que croître, et le chacun pour soi n’est pas un problème, car d’une certaine manière il y en aura pour tous. Sans entrer dans le débat sur la répartition de la valeur entre le travail et le capital, on peut toutefois constater que depuis 40 ans, la rémunération du capital représentée par l’indice MSCI Monde Dividendes Inclus Réinvestis a été multipliée par 50 (1.000 € investi en 1980 vaut 50.000 €) alors que le SMIC n’a été multiplié que par un peu plus de 5.
C’est une idée simple. Pour éviter les regards extérieurs il faut interdire ceux-ci. Les journalistes sont des menaces donc on les tient à l’écart. Ce raisonnement à courte vue appartient à tous les régimes politiques désireux d’imposer sa force, sa loi, ses actions militaires répressives. Ainsi font les dictatures traditionnelles (Corée du Nord, Érythrée, Syrie entre autres) mais aussi des pays-clés pour l’équilibre du monde (tels la Chine, la Russie, l’Iran) suivies désormais par des Etats démocratiques mais engagés dans une guerre absolue comme Israël.
JJoe Biden, sous la pression d’une partie de ses « amis » inquiets de sa capacité à résister aux assauts d’un taureau, à la brutalité sans pareille, décide de jeter l’éponge. Comme toujours en ces circonstances, s’abat d’abord une pluie de compliments, de souvenirs émus et autres éloges. Puis vient rapidement le contraire de l’amour : l’indifférence. S’il a fait perdre un temps précieux à l’équipe de Kamala Harris , pour autant, était-ce une raison pour ignorer son bilan ? Ancien correspondant aux États-Unis, Gilles Sengès a suivi la politique américaine ces dix dernières années pour le compte de L’Opinion. Il revient sur les succès de Biden. *
INTERPRÉTER ! C’est le maître-mot du procès dit « des assistants parlementaires ». Sans attendre le verdict, Marine Le Pen, les autres mis en cause et leurs soutiens, se sont immédiatement enflammés, hurlant au procès politique. Histoire -sans doute- de jouer sur une pression populaire en leur faveur. Dans sa tribune Fabrice Baumgartner, avocat au barreau de Paris, remet quelques pendules à l’heure. Bien utile pour comprendre.
Cette prise de position de Frédéric Lemoine prend à rebrousse-poil la doxa politique qui ménage toujours l’électorat des plus âgés C’est une nécessité économique d’organiser la solidarité des plus anciens, et même un devoir moral. La génération des baby-boomers est responsable de la situation, elle ne peut juste profiter des systèmes collectifs et laisser les générations suivantes les financer.
Il y a quelques jours, le 9 novembre, Berlin et l’Allemagne tout entière ont célébré le 35ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Comme il se doit, les festivités consensuelles ont eu lieu pendant trois jours à Berlin. Mais le Mur est-il vraiment tombé ? Les disparités de conditions de vie entre l’Est et l’Ouest sont encore fortes, et par conséquent, l’Ostalgie, ce sentiment de déclassement reste bien réel.
Même si le sujet n’est pas officiellement débattu au sommet du G 20 en cours, l’ombre portée des accords entre l’Union Européenne et le Mercosur sera évoquée entre Emmanuel Macron et le président Lula. Malgré tous ses efforts, le risque existe encore de voir le président français perdre la partie. Sonnant notamment le glas de la résistance agricole. Sylvain Kahn, professeur agrégé d’Histoire et docteur en Géographie, notre nouveau contributeur, se penche sur une volonté française qui se fait de moins en moins entendre, de moins en moins comprendre.
Comme le pire n’est jamais sûr, il nous fallait terminer cette série « Spéciale élections USA » par la conviction que notre destin n’appartient pas aux autres. Spécialiste de l’opinion publique, enseignant à Paris 1 Sorbonne et à Sciences Po. Emmanuel Rivière voit, au bout du compte, plusieurs enseignements. Le plus essentiel étant de terminer ce que Trump « number one » a commencé sans même s’en rendre compte : provoquer une réelle unification de l’Union Européenne. Souhaitons que, de la part de nos gouvernants, ce ne soit pas qu’un vœu pieux.
Comme un promeneur solitaire qui, çà et là, s’arrête devant un arbre, une fleur ou examine un champignon encore lové dans sa couverture de mousse, Jean Brousse s’est promené à travers notre presse, nationale et régionale, après la victoire de Donald Trump. Prises individuellement, les publications de nos confrères n’ont rien que de très habituel. Mais la vision d’ensemble offre une autre image. Celle d’oiseaux qui, dans un ensemble parfait, repartent à tire d’aile, à l’opposé de leur course. Comme désorientés quand se présente un intrus.